jeudi 19 octobre 2017

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 6

Bien le bonjour, tout le monde !

Devinez qui est de retour dans ce chapitre ? Notre antagoniste préféré, bien entendu ! Mais il revient vers nous dans un sacré état… Je vous laisse le découvrir par vous-même.

Bonne lecture !




Quand Félix fut parti, Boris s’installa avec son aîné qui souriait tranquillement, heureux d’avoir finalement pris la décision de rester un peu plus longtemps en ville.
-       Mec, j’ai rencontré le Félix, murmurait-il d’un air rêveur. Et en plus, il écrit un nouveau livre !
Boris rit, amusé par l’expression émerveillée de son aîné.
-       Dire qu’on a rencontré nos deux idoles, s’exclama le jeune loup. Sacrée journée !
La porte du restaurant fut tout à coup écartée. Le battant s’écrasa contre le mur dans un violent claquement, attirant l’attention de l’ensemble des clients présents. Un homme se tenait sur le seuil de l’établissement, le regard sombre, le visage plus lisse qu’un masque. Avec horreur, les deux frères reconnurent Cuphead.


Ce dernier fit courir ses yeux morts sur l’ensemble de la salle. Quand ils parvinrent à ses cibles, un horrible sourire vint défigurer son visage. Boris descendit de son tabouret, les oreilles couchées en arrière.
-       Monsieur, votre frère… ? Votre frère va bien ?
Bendy l’attrapa par le coude pour le forcer à reculer. L’expression de leur agresseur n’était que haine. Il devait certainement les tenir responsable pour l’accident !
-       Boris, on doit sortir d’ici, le pressa l’aîné.
-       Mais… !
-       Maintenant !
Une lumière bleue envahit soudainement le restaurant. Bendy et Boris virent avec horreur Cuphead s’avancer d’un pas mécanique vers eux, paume levée, prêt à lâcher de nouveau un laser mortel. Il les aurait… Cette fois-ci, il les aurait ! Il allait les tuer !
Ils ont tué Mug !
Les deux mécaniciens prirent la fuite le plus vite possible. Dans leur dos, Cuphead venait de relâcher son pouvoir. Les clients se jetèrent sous les tables en hurlant alors que la vague d’énergie pure frappait les murs du restaurant. Les frères coururent vers les cuisines et Bendy défonça d’un coup d’épaule la porte de sortie. Riant tel un fou furieux, Cuphead les prit en chasse.
Tuer, tuer ! Tuer ! Je vais les tuer !


Le nervi du Diable se lança à la poursuite des frères à travers les rues de la ville. Cuphead ne pouvait s’empêcher de rire, de rire comme un hystérique. Son pouvoir le torturait, il fourmillait dans ses doigts, il pulsait, il brûlait ! Il allait perforer d’abord le corps de Boris. Oui, rien que pour voir l’expression de désespoir de Bendy. Puis, après, oui, seulement après, il tuerait le malade. Il l’achèverait avec joie !
Le frère de Mugman lâcha une injure quand il s’aperçut que ses deux proies lui avaient échappé. Il s’arrêta et fit courir son regard dément sur les rues alentours. Où étaient-ils ? Où étaient ces ordures ?  
-       Hé, les gars ! les appela-t-il. Pas besoin de se cacher ! Allez, venez ! Putain, je veux juste vous buter, c’est tout ! Et je vais adorer ça…
Mais où s’étaient cachés ces raclures ? Revenez ! Revenez ! S’il les tuait, peut-être, peut-être que le Diable accepterait de sauver Mugman. Son petit frère, il fallait qu’il vive ! Il allait devenir fou sans lui… Complètement fou !
-       Je vais vous trouver ! enchaîna-t-il, un sourire de plus en plus illuminé sur les lèvres. Je le fais toujours ! Et je vais m’assurer que vous ne vous reposiez jamais ! Jamais !
Oh oui, il allait les traquer ! Les poursuivre ! Et leur retirer la vie ! Il ne s’arrêterait jamais ! A cause d’eux, Mugman… Mugman était… Son petit frère… Un violent sentiment le saisit à la gorge et à la poitrine. C’était comme si une main griffue s’amusait à empoigner son cœur pour le réduire en charpie.
Mugman !


Des larmes se mirent à rouler sur les joues pâles de Cuphead. Ses jambes ne purent le soutenir et il s’effondra à genoux sur place, dévoré par le désespoir. Non… C’était lui… Il avait tué Mugman… Tout était de sa faute ! Ses sanglots secouaient son corps tout entier alors qu’il se recroquevillait sur lui-même. Puis un nouveau sourire malade se dessina sur son visage. Des phrases dépourvues de sens tombaient de ses lèvres, brouillonnes, confuses.
-       Oui, oui, débitait-il. C’est ça, Mug, on se sépare. E… Et r… regarde à… d… droite ! N… Non, ma d… droite, idiot !
Mugman aurait certainement ri d’un air gêné. Il avait cette adorable petite bouille… Et lui, il aurait soupiré, agacé, mais, au fond, attendri. Après tout, ils formaient le parfait duo. Cuphead sentit une fois encore un rire gonfler dans sa poitrine. Il rejeta la tête en arrière pour laisser exploser dans l’atmosphère sa folie.  
-       Ouais ! Travail d’équipe !


A genoux dans cette rue déserte, Cuphead riait à en perdre haleine. Ses larmes ne pouvaient être séchées, son désespoir ne pouvait être apaisé. Il avait tué son propre frère !
Toujours dissimulés derrière un pan de mur, Bendy et Boris n’osaient plus esquisser un seul mouvement. Le jeune loup avait porté ses mains à ses oreilles, le regard noyé sous les larmes. Son aîné serra les mâchoires au point de se faire mal. Non… Ils ne pouvaient y retourner… Cuphead ne les laisserait pas s’expliquer, il les tuerait dès qu’il les apercevrait.
Cependant, peu à peu, le rire fou se mourait. Finalement, ce fut un silence d’une pesanteur abominable qui tomba sur les deux frères. Ces derniers échangèrent un regard hagard. C’était terminé ? Boris voulut s’en assurer, mais Bendy lui fit signe de ne pas bouger.
-       Je sais à quoi tu penses, mais je ne te laisserai pas prendre un tel risque, frérot, lui chuchota-t-il. Je vais y aller, moi.
Boris renifla puis hocha doucement la tête.
-       M… Merci… Sois prudent… 
Prudemment, le mécanicien s’approcha de la limite du mur qui les cachait jusqu’alors.



Il jeta alors un coup d’œil dans la rue. Ce qu’il vit lui glaça le sang dans les veines. Toujours agenouillé, tête basse, le visage souillé de traces de larmes séchées, Cuphead avait posé un doigt contre sa tempe, prêt à décocher un nouveau laser.


Sans plus réfléchir, le malade bondit hors de sa cachette. Il courut jusqu’à leur poursuivant dont il saisit violemment le poignet.   
-       Mais qu’est-ce que tu fous ? s’époumona-t-il. Tu es complètement malade !
Sans que Cuphead puisse les retenir, les larmes se remirent à courir sur ses joues. Il se recroquevilla contre le torse de son ennemi, enfant brisé, piétiné.
-       De qui je me moque ? articula-t-il difficilement entre deux sanglots. Je suis c… celui qui l’ai tué… C’est moi qui dois… mourir…
Bendy le contempla sans un mot, ce terrible adversaire devant lequel il fuyait depuis si longtemps. Il lui paraissait tellement petit, maintenant, tellement fragile. Malgré lui, le mécanicien ressentit la morsure de la pitié dans sa poitrine.
-       Tu sais très bien que c’était un accident, tenta-t-il de le raisonner.
-       Que ce soit ma faute ou non, un accident ou non, qu’est-ce que ça peut faire ? rétorqua le frère de Mugman dans un filet de voix. Tout est fini… C’est nous deux ou rien… 
Le visage de Cuphead se contacta alors qu’une autre vague de chagrin s’abattait sur lui. Ses épaules s’affaissèrent alors que de violents tremblements prenaient possession de son corps.
-       J’aurais juste voulu lui dire que je l’aimais ! hurla le frère en deuil.


Touché par l’abattement de Cuphead, Bendy l’enlaça afin de le laisser déverser son désespoir. Accroché à lui, son agresseur n’était plus qu’un petit garçon perdu. Le mécanicien ne pouvait que trop bien comprendre son désespoir. Un monde sans Boris… Un frisson le parcourut. Il n’osait même pas y penser. Son frère était la seule personne qui lui restait dans ce monde. S’il n’était plus là… S’il venait à disparaître…
Alors l’Inkness avait intérêt à le tuer vite.  
Le mécanicien sentit soudain le corps de Cuphead s’affaisser contre lui. Surpris par ce poids, Bendy passa ses bras dans son dos pour le soutenir.
-       Hé, tu vas bien ? lui demanda-t-il.
Son adversaire respirait toujours… Il venait de s’endormir. Le mécanicien poussa un soupir de soulagement. Pendant un moment, il avait cru qu’il venait de passer l’arme à gauche. Cuphead n’avait pas du prendre de repos depuis l’accident… 
-       Boris, c’est bon, tu peux sortir ! lui indiqua-t-il.
Alors qu’il soulevait aisément son ennemi dans ses bras, le jeune loup s’avança timidement.
-       Est-ce qu’il va bien ? l’interrogea-t-il avec angoisse.
-       Ouais, juste endormi. Trouvons un endroit sûr où on pourra le laisser. Puis on pourra enfin reprendre la route.
A ces mots, Boris eut un violent sursaut.
-       Attends, on va le laisser ? s’enquit-il d’une petite voix.
-       Heu, oui ! rétorqua son aîné sur le ton de l’évidence. Pourquoi, tu avais autre chose en tête ?
-       Mais… 
-       Je suis désolé, Boris, mais il n’y a plus d’espoir pour lui.


Oui, Cuphead avait essayé de se suicider. Sûrement recommencerait-il, d’ailleurs. Mais Bendy ne pouvait placer sa confiance en lui. Il ne pouvait décider de demeurer auprès de l’homme qui avait tenté à plusieurs reprises de leur ôter la vie. Alors, maintenant, ils devaient le laisser.
Avant de s’attacher pour de bon.

mardi 17 octobre 2017

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 5

Bien le bonjour, tout le monde !

Nouveau chapitre ! Il ne sera pas aussi mouvementé que le précédent, mais il introduit l'arrivée d'un nouveau personnage dans notre petit univers. C'est l'un de mes préférés, mais chut, pas d'indice ! Je vous laisse le découvrir à votre aise…

Bonne lecture !



Le lendemain matin, Boris et Bendy avaient de nouveau mis leurs sacs sur leurs dos. Ils étaient fin prêts à partir, enfin ! La veille, en définitive, ils avaient dû renoncer à leur départ précipité à cause de l’état d’épuisement de l’aîné qui ne s’était pas encore remis de sa dernière crise. Le mécanicien avait bien essayé de protester, mais le jeune loup s’était montré inflexible : il aurait été inconscient de partir sur les chemins alors qu’il était à peine capable de marcher !
Finalement, Boris avait eu raison car Bendy s’était endormi à peine avait-il posé sa tête sur l’oreiller. Son cadet, lui, était demeuré éveillé une bonne partie de la nuit, ne pouvant s’empêcher de songer à leurs agresseurs.
-       Allez, Boris, on y va !
-       O… Oui, j’arrive !
L’apprenti mécanicien indiqua à son frère de l’attendre pour qu’il puisse refaire ses lacets. Bendy, les mains dans les poches, lui grogna de se dépêcher. Il n’était pas tranquille… Ils avaient dormi longtemps, trop, même. Cuphead pourrait très bien apparaître à tout moment, il fallait qu’ils s’éloignent autant que possible de… 
-       Boris !
Et il ne manquait plus que ça…
Au détour d’une rue, Mickey venait de surgir, suivi comme son ombre de sa fidèle bande. A la vue des deux frères, il se mit à courir et enlaça Boris, qui, stupéfait, était toujours agenouillé, ses lacets entre les mains. Quand il sentit les bras de son idole autour de lui, le pauvre petit se mit à rougir comme une tomate bien mûre !
-       J’étais si inquiet ! lui confia le directeur du cirque. On a entendu dire que deux jeunes garçons s’étaient faits agresser hier… Mais ne t’en fais pas, enchaîna-t-il, je serai toujours là pour toi.
-       Non, tu ne le seras pas, répliquèrent en cœur Bendy et Donald, aussi désabusés l’un que l’autre.
Boris, lui, ne les écoutait même pas, tout à sa joie de partager une nouvelle embrassade avec monsieur Mickey. Ravi, il en oublia sa gêne et se colla d’avantage contre la souris. Cette dernière, d’abord surprise, eut un sourire attendri.

 
-       Tu m’as manqué aussi, Boris, lui confia-t-il.  
Se rendant soudainement compte de son attitude, le jeune loup se redressa subitement en prenant appui sur la tête de Bendy. Ce dernier eut la bonté de ne pas râler… 
-       Vous avez déjà mangé ? les questionna Mickey avec un sourire.
-       Heu, non, pas encore, répondit le jeune loup en coulant un regard hésitant à son frère.
-       Oh, super ! Je connais un bon restaurant dans le coin, venez avec nous, je vous invite !
-       Non, nous ne… ! coupa Bendy.
Mais il n’acheva pas sa phrase. Son cadet, ce traître, venait de sortir son arme secrète : le regard du louveteau suppliant ! Argh… Comme s’il pouvait résister à de tels yeux ! Ça, c’était un coup bas… 
-       Très bien, mais juste le repas, alors, grogna Bendy.
-       Oui ! se réjouit son benjamin. Nous venons, monsieur Mickey ! ajouta-t-il à l’intention de son idole.

*

Oswald n’avait pas réellement compris ce qu’il s’était passé. Alors qu’ils se dirigeaient vers leur restaurant habituel, Mickey avait abordé deux inconnus et les avait invités à se joindre à eux. Le plus petit, là… Ce ne serait pas celui qui était atteint par l’Inkness ?
Bah, peu importe, après tout…
A ses côtés, Donald ne pouvait s’empêcher de commenter les actions de son cadet.
-       C’est comme parler à un foutu mur, grommela-t-il.
-       Un foutu mur ! renchérit un des enfants.
Le lapin n’eut aucune réaction, pas que son interlocuteur en attendait une, après tout. Cependant, il vit soudain les oreilles de son ami se redresser sur son crâne alors que ses yeux s’écarquillaient de stupeur. Donald haussa un sourcil interrogateur. Qu’est-ce qui lui prenait ?


Avant que quiconque ne puisse l’en empêcher, Oswald se dirigea vers un des clients du restaurant, assis près du bar. Il s’agissait d’un chat qui buvait tranquillement son café en compulsant une carte. Mais, perdus dans la nébuleuse de leurs pensées folles, les yeux d’Oswald déformaient la réalité. Non… Non, ce n’était pas un inconnu, assis là.
Ortensia !


Oswald enlaça par derrière le pauvre client. Ce dernier, ne s’attendant pas à une telle attaque, lâcha un miaulement stupéfait. Donald, demeuré en retrait, ne put résister : il explosa de rire, attirant l’attention de Mickey. Le directeur du cirque s’excusa auprès de ses invités et s’empressa de revenir auprès de son frère qui avait entrepris de caresser le visage de l’inconnu. Celui-ci, tétanisé, le visage écarlate, ne parvint qu’à lâcher un « M… Monsieur ? » étranglé, le cœur tambourinant dans sa poitrine.
Ce filet de voix interpella Oswald. Il ouvrit les yeux et se rendit compte avec horreur qu’il ne tenait pas sa femme entre ses bras. Mickey l’attrapa par les épaules pour le tirer en arrière.


-       Ozzy, enfin, qu’est-ce que tu fais ? le questionna son cadet, inquiet. Désolé, ajouta-t-il à l’attention du chat. Je ne sais pas ce qui lui a pris…
L’intéressé, toujours rouge d’embarras, rit nerveusement.
-       Non, non, ce n’est pas grave, assura-t-il. Qui pourrait dire non à un câlin, après tout ?
Mickey s’éloigna rapidement en poussant son aîné devant lui, laissant là le chat. Dès qu’il fut seul, le client se mit à rougir, des étoiles plein les yeux.  Ce lapin était si… Un soupir d’aise lui échappa alors que sa queue se mettait à battre l’air. Un toussotement le tira soudainement de ses pensées. Bendy se tenait près de lui, le dévorant du regard.
-       Bonjour, vous êtes bien monsieur Félix ? lui demanda-t-il.
-       Heu, oui, oui, c’est moi, répondit l’intéressé, étonné.
-       J’adore vos livres ! s’exclama le mécanicien. Je les ais tous lus !
-       Oh, merci ! J’en suis très heureux, monsieur… ?
-       Bendy.


Félix, ravi de rencontrer un appréciateur de son travail, lui serra vigoureusement la main. Ils échangèrent un moment sur le nouveau livre qu’il était en train d’écrire, mais les yeux du chat ne cessaient de glisser vers la porte d’entrée où avaient disparu Mickey et son frère. Finalement, n’y tenant plus, il questionna son lecteur.
-        Ces gars sont tes amis ? Tu sais, la petite souris et le beau lapin, acheva-t-il, de nouveau plongé dans sa fantaisie.
Bendy haussa les épaules avec désinvolture.
-       Non, ils nous ont juste invité à manger pour quelque raison…
Puis il se rendit soudainement compte des termes utilisés par l’écrivain. Ce dernier en prit lui aussi conscience et pâlit dangereusement.
-       Attendez, qu’est-ce que… ?
-       Rien ! le coupa brutalement le chat en claquant ses mains sur le plateau du bar.


Mickey revint rapidement vers eux pour leur signaler qu’il raccompagnait Oswald. Boris lui demanda s’il pouvait faire quoique ce soit pour l’aider, mais la souris lui promit de revenir vite. A peine eut-il disparu que Donald les délaissait à son tour pour aller saluer Max, le fils de Dingo, qui travaillait ici en tant que serveur. Le jeune loup rejoignit alors son frère, toujours avec en compagnie de Félix, les oreilles basses.
-       Je demande ce qui ne va pas avec le frère de monsieur Mickey, il a l’air si triste… 
Bendy fit la moue pour signaler qu’il était autant dans le flou que lui.
Max, quant à lui, vint à la rencontre de l’écrivain pour lui donner sa commande. Il dut l’appeler à plusieurs reprises afin de capter son attention car le chat était de nouveau en train de rêver de sa rencontre éclair avec Oswald.
-       Votre commande… répéta une énième fois Max.
-       Oh ! Merci, mon bonhomme, lui répondit Félix avec un rire gêné.


Il s’en alla rapidement sous le regard interrogateur du fils de Dingo.

*

Dehors, Mickey était déjà en train de descendre la rue, tenant toujours son frère aîné par les épaules. Les lapereaux avaient suivi le mouvement, mais ils commençaient à avoir sérieusement faim. Ils réclamaient à leur oncle leur déjeuner en tirant sur son pantalon.
-       Très bien, très bien, finit par céder la souris. Continuez sans moi, je serai de retour d’ici quelques minutes.
-       Oui ! répondirent-ils tous en chœur.
Oswald retint son cadet alors que celui-ci s’apprêtait à le laisser. Il sortit alors son ardoise et écrivit un message à l’attention de Mickey. La souris se pencha sur son épaule afin de lire.
-       D-é-s-o-l-é… déchiffra-t-il. Oh, Ozzy… 
Mickey passa de nouveau un bras autour des épaules de son aîné afin de frotter sa joue contre la sienne, un sourire ému sur les lèvres. Quand son frère arrêterait-il enfin de se blâmer ? Quand comprendra-t-il enfin qu’il n’aurait rien pu faire pour retarder la mort de sa femme ?
Quand lui parlerait-il de nouveau ?
-       Tu n’as pas à être désolé, lui assura-t-il. Comme si je pouvais être fâché contre toi !


Mickey lui fit un signe de la main et il fit demi-tour pour remonter la rue. Oswald l’observa un moment puis reprit sa route, entouré de ses fils. Il fut néanmoins interrompu dans sa marche par un timide :  
-       Heu… M… Monsieur Ozzy ?
Oswald se retourna, surpris qu’on l’interpelle. Il leva les yeux sur le nouvel arrivant et croisa le regard embarrassé de Félix qui malmenait entre ses mains le sac en papier où se trouvait son déjeuner.
-       Heu, j… je ne veux pas paraître fouineur, prévint celui-ci, mais si jamais j’ai fait quelque chose qui vous a ennuyé… J’en suis désolé…
Le lapin l’écouta sans qu’aucune émotion ne transparaisse sur son visage. Il finit par reprendre son ardoise et traça rapidement une phrase qu’il présenta au chat. Celui-ci, étonné, se pencha en avant et lut les mots qui lui étaient adressés.


-       « Non, je devrais être celui qui est désolé », chuchota l’écrivain.
A cette lecture, un frisson parcourut son corps tout entier et une chaleur dévorante vint envahir son visage. Embarrassé au possible, le chat se mit à se tortiller sur place.


-       N… Non, pas… pas besoin d’être d… Désolé, bafouilla-t-il derrière ses mains en détournant le regard.
Il voulut ajouter quelque chose, mais un mouvement de foule l’interrompit. Soudain, il se retrouva envahit par une véritable armée de lapereaux bleus ! Ceux-ci avaient continué tranquillement leur route comme leur avait ordonné oncle Mickey, sans se rendre compte que leur père ne les suivait plus ! Quand ils s’étaient aperçus de sa disparition, ils s’étaient empressés de faire demi-tour. Quelle n’avait pas été leur surprise quand ils avaient retrouvé leur cher père en compagnie d’un chat qu’ils ne connaissaient absolument pas. Les enfants avaient alors décidé d’encercler l’inconnu afin de savoir si celui-ci était un danger ou non. 
-       Vous êtes qui et vous voulez quoi à papa ? demanda le plus bravache.
-       Mais c’est le chat du restaurant ! fit remarquer le plus observateur.
-       On devrait l’inviter à la maison, enchaîna le plus gentil.
-       Oh, oui, quelle excellente idée ! renchérit le plus enthousiaste.
-       Allons-y ! décida le plus frondeur.
-       Suivez-nous, monsieur le chat ! ordonna le plus autoritaire.
Il n’en fallut pas plus pour les lapereaux pour décider de la suite des évènements. Malgré les protestations gênées de l’écrivain, ils l’entraînèrent à leur suite. Oswald, de nouveau seul, effaça soigneusement son ardoise avant de suivre le mouvement sans un mot.
Sans un sourire.  

vendredi 13 octobre 2017

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 4

   Bien le bonjour, tout le monde ! 

   Le week-end est enfin arrivé. Pour fêter ça, voici le quatrième chapitre des aventures de Bendy et Boris ! De plus, Cuphead et Mugman font leur grand retour ! Mais un terrible accident va se produire…  

   Bonne lecture !



Bendy s’était arrêté près d’une fontaine publique pour se laver le visage. Un peu plus loin, Boris l’attendait avec impatience, sautillant nerveusement d’un pied sur l’autre, un sourire béat sur les lèvres. Il avait rencontré monsieur Mickey, il avait été dans la maison de monsieur Mickey, il avait reçu un câlin de monsieur Mickey… Rien que d’y penser, il riait tout seul. C’était encore mieux que dans ses rêves !
-       Allez, Bendy ! lui cria-t-il. Dépêche-toi, qu’on s’éloigne avant que je ne me mette à crier !
-       Oui, oui, j’arrive, espèce de fanatique de souris, lui répondit son frère, un sourire moqueur sur les lèvres.
Le mécanicien acheva rapidement sa toilette et se saisit de ses gants. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre le jeune loup, Bendy sentit deux mains agripper son col. Il se retrouva soudainement soulevé de terre et plaqué contre le mur le plus proche. Sous ses yeux horrifiés, Cuphead ricanait, un sourire mauvais sur les lèvres.


-       Je t’ai manqué ? lui demanda son agresseur, jubilant.
Bendy refusa de lui répondre. Où était Boris ? Cuphead était toujours accompagné de son acolyte ! Son frère pourrait s’en sortir seul, face à lui ? Pourvu qu’il ait réussi à s’enfuir !
Pour l’heure, il fallait qu’il se concentre sur son propre problème. Comment se débarrasser de Cuphead ? Ce dernier posa alors un doigt contre son front, mortellement sérieux.
-       Ne t’en fais pas, ce sera rapide et sans douleur, lui promit le larbin du Diable.
Le doigt de Cuphead fut tout à coup baigné d’une lueur bleue. Bendy écarquilla les yeux. Cette ordure avait des pouvoirs ! Il fallait qu’il parvienne à se dégager de sa poigne ! Le petit mécanicien fit alors la seule chose qui lui vint à l’esprit : il frappa.


Son genou entra violemment en collision avec l’entrejambe de son agresseur. Cuphead, ne s’attendant assurément pas à une telle attaque, lâcha sa proie qui détala à toute vitesse sans demander son reste. Le frère de Mugman, le corps endolori, ne parvenait à croire que cette ordure avait été capable d’une méthode aussi lâche ! Il allait le lui faire payer !
-       Sale petit… jura-t-il, la voix tremblante de souffrance. C’est comme ça que tu veux jouer, hein ?
Ignorant sa blessure lancinante, Cuphead se lança à la poursuite du petit mécanicien. Ce dernier n’avait qu’une maigre avance. Quand il vit son agresseur courir à sa suite, il accéléra encore. Vite, vite, vite ! Il fallait qu’il retrouve Boris et qu’ils quittent cette ville ! Alors qu’il s’engageait dans une ruelle, Bendy aperçut son jeune frère, poursuivi par Mugman. Le jeune loup, à sa vue, tenta de le rejoindre, mais il vit alors que Cuphead se dressait dans le dos de son aîné, prêt à tirer. Non ! Il allait le tuer !


-       Bendy ! hurla Boris.  
Cuphead tira.


Bendy se jeta à terre dans un pur réflexe de survie. Il sentit passer au-dessus de lui le rayon mortel dans un flash aveuglant de lumière bleue. Boris se précipita sur lui pour le relever et qu’ils reprennent leur fuite.
Ils n’en eurent pas le temps.
Un cri.
Un son affreux. Celui de la chair qui se déchire, s’ouvre.
La couleur du sang qui teinte le monde.


Mugman s’effondra dans son propre sang, les yeux encore écarquillés par la stupéfaction et l’incompréhension. Le rayon mortel de Cuphead l’avait atteint de plein fouet. Dans leur cavalcade, les deux frères n’avaient pas fait attention l’un à l’autre.
Mugman avait foncé tête la première. Il était devenu la victime de son aîné. Ce dernier ne parvenait à y croire. Hein ? Que s’était-il passé ? C’était impossible… C’était Bendy qui était allongé là, sur les pavés. Ce n’était pas son benjamin, n’est-ce pas ? Non, non, non ! C’était impossible ! Cuphead saisit sa tête entre ses mains, le souffle court. Non, non, non !
Non ! Non ! Non !
Il s’effondra à genoux près du corps inerte de son petit frère. Non… 
-       Hé, Mugs… lui chuchota-t-il doucement en caressant sa joue. Garde les yeux ouverts, hein… Tiens bon, je vais t’emmener à…
Mais Mugman venait de perdre connaissance. Dans un sursaut de désespoir, Cuphead se mit à paniquer. Ses mains s’agrippèrent aux épaules de son cadet pour le secouer dans le vain espoir de le réveiller. NON ! Cédant à la panique, l’aîné se mit à hurler après le blessé.  
-       Hé ! Hé ! Ouvre les yeux ! Ouvre-les ! Maintenant !   


Non ! Tous pouvaient bien crever ! Mais pas lui, pas Mugman ! Cuphead recueillit délicatement le corps de son frère dans ses bras et le souleva. Rapidement, le sang imbiba ses vêtements. C’était chaud, tellement chaud ! Toute cette vie qui s’écoulait… 
Boris, complètement désemparé, jeta un coup d’œil inquiet à Bendy. Ce dernier lui indiqua d’un mouvement de tête de ne pas bouger. Cependant, le jeune loup ne pouvait laisser les choses ainsi ! Il s’avança timidement, tremblant.
-       M… Monsieur ? appela-t-il d’une voix blanche. S’il vous plaît… Laissez-nous vous aider… 
Un rire sanguinaire roula hors de la gorge de Cuphead. Bendy attrapa vivement la main de Boris pour le tirer en arrière, horrifié par le son affreux qui se déployait dans cette ruelle maculée du sang d’un jeune garçon. Les épaules de leur agresseur tressautaient sous son rire mauvais… malsain. Il n’y avait que du malheur dans cet éclat de voix incontrôlable.  
-       Est-ce que j’ai dit que votre mort serait rapide et sans douleur ? murmura l’aîné en serrant le blessé contre son torse. Moi ? J’ai dit ça… ?
Un sourire fou vint fendre son visage. Cuphead se tourna vers les deux mécaniciens qui reculèrent instinctivement d’un pas, terrifiés par l’expression démente qui déformait le visage de leur agresseur.
-       Désolé, je voulais dire que j’allais vous arracher les membres les uns après les autres ! Et je vais adorer ça !


Et de nouveau, il se mit à rire. Bendy tira sur la main de Boris pour l’obliger à le suivre et se mit à reculer. Cuphead avait définitivement perdu l’esprit… Il fallait qu’ils s’en aillent avant qu’il ne se retourne contre eux !  
-       Partons, Boris, ordonna-t-il d’une voix faible.
-       Mais, et à propos de… ? protesta le jeune loup, les larmes aux yeux.
-       Ce n’est pas notre problème, le coupa sèchement son aîné. Il est entre les mains de son frère, dorénavant.
Bendy se préoccupait peu de Cuphead et de Mugman. Tout ce qu’il souhaitait, c’était s’éloigner au plus vite de ce fou furieux ! Sans laisser à son cadet le loisir de protester plus longtemps, le mécanicien se mit à courir à travers les rues ensoleillées de la ville, tenant toujours fermement le louveteau par la main. Ils devaient trouver une cachette ou un moyen de transport ! Peu importe, du moment qu’ils ne croisaient plus le chemin de ce malade mental.
Top préoccupé par son plan d’évasion, Bendy ne se rendit pas tout de suite compte que Boris pleurait à chaudes larmes. Excédé, l’aîné arrêta de courir.
-        Pour l’amour de… ! Boris, ils méritent tous les deux de mourir !


Le louveteau ne put répondre tout de suite, incapable d’endiguer ses larmes. Il les écrasait au fur et à mesure sur ses joues, mais ses sanglots ne s’apaisaient pas. Il balbutia plusieurs fois un début de phrase, mais il lui fallut d’abord se calmer.
-       M… Mais ils ne semblent pas si mauvais que ça ! se récria le louveteau.
-       Boris, soupira son aîné.
-       Je suis sûr que quelqu’un les force à agir comme ça ! poursuivit Boris alors que les larmes recommençaient à s’écouler de ses yeux. Le pauvre… Tu te rends compte ? Il a tiré sur… sur son propre frère…
Sa voix était morte au fur et à mesure de sa phrase, comme écrasée par l’immonde réalité. Bendy sourit tristement et se mit sur la pointe des pieds pour caresser la tête de son jeune frère. Celui-ci, épuisé par la course et les larmes, se laissa glisser à terre. Son louveteau préféré avait vraiment un grand cœur… Mais un cœur assurément trop grand. C’était son rôle, de l’endurcir. Car il ne serait pas toujours là pour veiller sur ses arrières.
Cependant, l’épreuve que venait de vivre son petit frère était terrible. Alors, pour une fois, il pouvait juste sécher ses larmes et le réconforter. Il lui ferait la leçon un autre jour…
-       Ne t’en fais pas, Boris, ces deux idiots sont solides, lui assura-t-il. Ils s’en remettront.
-       V… Vraiment ? murmura le petit loup, une lueur d’espoir dans le regard.
-       Bien sûr !
Le malade lui sourit afin de le rassurer. Afin de lui changer les idées, il avait une méthode infaillible qu’il utilisait depuis que Boris était tout petit. Bendy attrapa ses joues entre ses doigts et frotta son nez contre le sien.
-       Alors, où est mon joyeux petit loup ? lui demanda-t-il.
L’intéressé marmonna sa réponse, mais cela ne convenait pas au mécanicien.
-       Je ne t’ai pas entendu !
-       Je suis là ! répéta plus fort son cadet.
-       Bien.


Bendy, satisfait, et accepta de libérer ses joues endolories.
-       Allez, l’encouragea-t-il, quittons cette ville. Après tout, on a une quête à mener, non ?